Alcool: bon pour la santé?

5 mai, 2016 ,

Un verre de vin rouge pour le cœur… Le paradoxe français… (voir Un verre de vin rouge, c’est bien… mais pourquoi? & Le resvératrol, une substance qui a le vent dans les voiles) Voilà des expressions qui nous disent que la consommation modérée et régulière d’alcool est bonne pour la santé. C’est même tellement entré dans les mœurs que les médecins le recommandent. Mais est-ce vraiment mieux que de ne jamais consommer d’alcool?

Des chercheurs de l’Université de Victoria se sont penchés sur les bienfaits et les risques de la consommation d’alcool. Ils ont procédé à une méta-analyse, c’est-à-dire une revue des études publiées suivie d’une compilation et réévaluation de toutes les données.

Pourquoi certaines personnes ne consomment pas d’alcool?

Ces chercheurs ont découvert un biais, une possibilité d’erreur qui se retrouve dans la majorité des études. En effet, les groupes qui ne boivent pas d’alcool, les abstinents, contienne 2 sous-groupes qui peuvent fausser les données: les anciens buveurs, comme les alcooliques qui ont arrêté de boire, et ceux qui ne boivent pas parce que leur état de santé ne le leur permet pas. Le mélange avec ces 2 sous-groupes peut certainement être une source d’erreur parce que si le fait de n’avoir jamais pris d’alcool peut être un indice d’une meilleure santé, le fait d’être un ancien alcoolique ou de souffrir d’une maladie ne l’est évidemment pas.

Prendre ou ne pas prendre d’alcool

En ajustant les données pour éliminer ces sous-groupes confondants, l’image de protection conférée par l’alcool change. Pour bien expliquer le tout, les chercheurs ont développé le support visuel ci-dessous.

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La seconde courbe de cette image représente le risque des différents degrés de consommation d’alcool en comparaison avec les abstinents, après ajustement pour les 2 sous-groupes mentionnés ci-haut. On y voit que le fait de boire 1 à 2 consommations d’alcool par jour n’apporte plus la protection présumée par rapport au fait de ne pas boire du tout. En gros, les deux sont équivalents. Par contre, à plus de 2 consommations par jour, le risque augmente.

Bref, l’argument qui supporte la promotion de la consommation régulière d’alcool vient de prendre un coup. Par contre, il faut toujours faire attention avec ce genre de données. Ici, les résultats ne tiennent pas compte du type d’alcool. Buvez-vous du whisky ou du vin rouge? Les composés autres que l’alcool dans les différentes sortes de boissons peuvent aussi avoir un impact sur la santé, comme les polyphénols du vin rouge.

Conclusion

Si vous appréciez les boissons alcooliques, faites vous plaisir… avec modération. Si vous ne les appréciez pas, ne faites pas d’effort pour en prendre.

Santé !


Références:

  1. Communique de l’Université de Victoria, Colombie Britannique, Canada: http://communications.uvic.ca/releases/release.php?display=release&id=1521
  2. Stockwell T, Zhao J, Panwar S, Roemer A, Naimi T, Chikritzhs T. Do « Moderate » Drinkers Have Reduced Mortality Risk? A Systematic Review and Meta-Analysis of Alcohol Consumption and All-Cause Mortality. J Stud Alcohol Drugs. 2016 Mar;77(2):185-98. PubMed PMID: 26997174. http://www.jsad.com/doi/10.15288/jsad.2016.77.185
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Auteur

Jean-Yves Dionne

Jean-Yves Dionne est pharmacien, formateur, conférencier, conseiller scientifique et consultant en produits de santé naturels (PSN). Il est conférencier régulier aux universités de Montréal et de Laval. Il écrit pour de nombreuses publications telles que Montreal en Santé et siège au comité de rédaction du Natural Medicine Journal, le journal officiel de l’American Association of Naturopathic Physicians. Il a écrit plusieurs livres et est fréquemment dans les médias au Canada et aux États-Unis.

Jean-Yves Dionne

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