Helicobacter pylori (H. pylori) et alimentation

31 mai, 2022 ,

La H. pylori est une bactérie qui se retrouve dans la salive et les excréments. Elle peut être transmise lorsqu’on embrasse quelqu’un, quand on serre la main d’une personne qui ne s’est pas bien lavé les mains, ou par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. Il s’agit de la principale cause d’ulcère de l’estomac. La bactérie se multiplie dans la muqueuse de l’estomac et du duodénum, ce qui endommage les tissus de l’estomac et peut entraîner une gastrite et/ou un ulcère gastrique. Si elle n’est pas traitée, cela augmente le risque de cancer de l’estomac.
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L’infection est plus répandue dans les pays en voie de développement et chez les jeunes enfants. Les personnes qui n’ont pas accès à de l’eau potable ou à des installations sanitaires adéquates courent un risque plus élevé de contracter H. pylori. Aux États-Unis, on estime qu’environ 36 % de la population vit avec H. pylori. Cependant, jusqu’à 80 % des personnes infectées sont asymptomatiques. De façon générale, à mesure que l’infection progresse, les patients présentent davantage de symptômes. Ceux-ci peuvent inclure des maux de ventre (plus souvent quelques heures après avoir mangé et la nuit), des nausées, des vomissements, des selles foncées (présence de sang dans les selles), de la dyspepsie (rots), une perte d’appétit et une perte de poids non intentionnelle.

L’infection peut être diagnostiquée via un test respiratoire, un échantillon de selles ou une endoscopie. Le traitement de l’infection H. pylori implique des antibiotiques en conjonction avec des médicaments inhibiteurs de pompe à protons (IPP). Il n’existe pas encore de vaccin pour prévenir l’infection mais des études sont en cours pour en développer un.

Alimentation et H. pylori

Éviter de consommer de l’eau non potable et pratiquer une bonne hygiène des mains sont de mise pour prévenir l’infection. De plus, certaines habitudes alimentaires ont été associées à une augmentation ou diminution du risque de H. pylori.

Une alimentation riche en aliments de source végétale non transformés (fruits, légumes, grains entiers, noix, graines et légumineuses) est associée à une diminution du risque de H. pylori. Plusieurs études suggèrent que la vitamine C contenue dans les fruits et légumes pourrait réduire le risque de cancer de l’estomac et prévenir l’évolution de l’infection à H. pylori. Les polyphénols contenus dans les baies (bleuets, framboises, fraises, mûres), le miel, les gras insaturés oméga-3, l’huile d’olive, la curcumine (retrouvée dans le curcuma) et l’ail ont aussi été étudiés pour leurs effets potentiellement protecteurs.

Une alimentation riche en sodium, grains raffinés, viandes rouges, viandes transformées, sucres ajoutés et aliments séchés, marinés ou fumés est associée à une augmentation du risque de H. pylori. Une consommation excessive d’alcool peut aussi augmenter le risque de cette infection.

Les isothiocyanates peuvent exercer une activité bactéricide contre H. pylori. Il s’agit de composés retrouvés dans les légumes de la famille des brassicacées, comme le brocoli, les radis et les légumes de la famille des choux. Un type d’isothiocyanate appelé sulforaphane se retrouve à des concentrations élevées dans le brocoli, et encore plus élevées dans les pousses de brocoli. Dans une étude impliquant 48 patients asymptomatiques avec une infection confirmée à H. pylori, la consommation quotidienne de 70 g de pousses de brocoli pendant 2 mois a entraîné une diminution significative de la colonisation bactérienne comparativement au placebo.

La consommation d’aliments fermentés en lien avec H. pylori demeure controversée. Ils contiennent des probiotiques qui peuvent être protecteurs, mais aussi des nitrosamines qui peuvent augmenter le risque de cancer gastrique.

Finalement, certaines souches de probiotiques peuvent aussi être utiles. Une revue systématique de cinq essais contrôlés randomisés incluant un total de 1307 sujets a démontré que l’ajout du probiotique Sacharomyces Boulardii au traitement médical de H. pylori était associé à une augmentation du taux d’éradication et à une diminution de l’incidence des effets secondaires gastro-intestinaux.

En conclusion

En conclusion, une alimentation saine et équilibrée, incluant beaucoup d’aliments à base végétale et limitant les aliments transformés et le sodium, est indiquée pour prévenir le développement de l’infection H. pylori. Les menus de SOSCuisine.com, étant basés sur la diète méditerranéenne et personnalisables selon les allergies, intolérances et préférences de chacun, peuvent vous aider à optimiser efficacement votre alimentation.

Références

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2. Chu et coll. (2019) Dietary patterns and Helicobacter pylori infection in a group of Chinese adults ages between 45 and 59 years old. Medicine; 98(2):e14113.

3. Rueda-Robles et coll. (2021) Impact of Dietary Patterns on H. pylori Infection and the Modulation of Microbiota to Counteract Its Effect. A Narrative Review. Pathogens; 10(7): 875.

4. Haley et Gaddy (2016). Nutrition and Helicobacter pylori: Host Diet and Nutritional Immunity Influence Bacterial Virulence and Disease Outcome. Gastroenterology Research and Practice; Volume 2016, Article ID 3019362, 10 pages.

5. Holubium et Imiela (2016) Diet and Helicobacter pylori infection. Prz Gastroenterol; 11(3): 150–154.

6. Yanaka et coll. (2009). Dietary sulforaphane-rich broccoli sprouts reduce colonization and attenuate gastritis in Helicobacter pylori-infected mice and humans. Cancer Prev Res (Phila); 2:353–60.

7. Zaidi et coll. (2017) Can Diet Modulate Helicobacter pylori-associated Gastric Pathogenesis? An Evidence-Based Analysis. Nutrition and Cancer; 69(7):979-89.

Auteur

Kathryn Adel
Kathryn possède des baccalauréats en kinésiologie et en nutrition et une maîtrise en nutrition sportive. Elle est membre de l’ODNQ et de l’Academy of Nutrition and Dietetics. Athlète de demi-fond, elle a couru pour l’équipe Montréal-Olympique et le Rouge et Or. Kathryn se spécialise en nutrition sportive, perte de poids, diabète, santé cardiovasculaire et gastro-intestinale. Kathryn possède beaucoup d'expérience avec l'approche FODMAP et a complété la certification de l'université Monash.

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